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  • : Je vous souhaite la bienvenue sur mon blog dans lequel je parle de tout ce qui me passionne, m'interpelle comme ces lectures, documentaires qui m'amènent à porter un regard différent sur notre monde. Bonne visite à tous ! Florinette
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24 octobre 2013 4 24 /10 /octobre /2013 10:51

Dans son « Dictionnaire de l’impossible », Didier van Cauwelaert présente une série de cas extraordinaires à priori impossibles, mais authentifiés. Le premier cas : un chat serait intervenu de l’au-delà pour aider son maître gangréné à guérir et sauver sa jambe. Plutôt étonnant, non ?
 

© Apofiss

C’était un jour de fête du Livre, à la fin des années 1990, dans les salons de la Mairie de Paris. Comme les mots de ce dictionnaire, les auteurs étaient disposés en enfilade au gré de l’alphabet, disparates et complémentaires, les plus connus permettant indirectement de découvrir les moins sollicités, devant lesquels stagnaient les files d’attente.

J’avais repéré depuis quelques minutes un petit monsieur entre deux âges qui, en retrait de mon stand, attendait une accalmie dans mes dédicaces. Il tenait sous le bras un énorme dossier vert, et je m’attendais au pire. Chaque Salon du livre nous réserve son lot d’admirateurs qui viennent nous soumettre un manuscrit. N’étant pas éditeur, je me promets toujours de répondre non merci, et je repars souvent avec un excédent de bagages, parce que j’ai nourri moi aussi, jadis, l’espoir illusoire que mon destin littéraire dépendrait de mes auteurs favoris. Profitant d’un moment de répit où je rechargeais mon stylo, le monsieur au dossier vert s’avança vers ma table et attaqua d’une traite :

- Pardon, mais je vous ai lu, alors je sais que je peux vous raconter ce qui m’est arrivé.

Condensé à l’extrême, son récit dura tout au plus trois minutes. Ayant grimpé dans un arbre pour cueillir des cerises, un an plus tôt, il était tombé en brisant une branche qui lui avait ouvert la jambe gauche. Mal soignée, la plaie s’était infectée, et la gangrène s’y était mise. Lorsqu’il avait fini par se rendre à l’hôpital, c’était trop tard : la seule chance de le sauver était l’amputation.

La veille du jour fixé par le chirurgien, il était descendu dans la rue avec sa canne pour, une dernière fois, « emmener promener sa jambe », disait-il avec cette douceur résignée des gens simples face à l’irrémédiable. C’est là qu’il croisa une dame inconnue qui sursauta, à sa hauteur, sans s’arrêter. Machinalement, il tourna la tête après quelques instants. Elle s’était figée sur le trottoir et le fixait, l’air en suspens, aussi étonnée que lui. Semblant dominer une hésitation, un vrai trouble, elle revint soudain vers lui.

- Pardon, monsieur, mais on me dit de vous demander une chose. Vous avez un souci à la jambe, non ?
Il répondit par un pauvre sourire. Avec sa canne et sa guibole gonflée sous le bandage, pas besoin d’être extralucide pour en arriver à cette conclusion. Elle enchaîna :
- Vous avez un chat ? Parce que c’est à lui qu’il faut demander. Excusez-moi.
Et elle tourna les talons en rougissant, avec autant de précipitation que si on l’avait surprise en train d’écouter aux portes. Comme si elle avait honte de ce qu’elle s’était entendue dire, précisa mon lecteur.

Il était resté un moment immobile sur le trottoir, sonné par cette rencontre. Il avait un chat, oui, mais qui était mort six mois auparavant. Quel rapport, de toute manière ? Cette femme était dérangée, voilà tout. Et il avait d’autres problèmes en tête.
Néanmoins, rentré chez lui, il ne parvint pas à chasser de son esprit la dernière phrase de l’inconnue. Pourquoi ces mots, pourquoi cette émotion qui lui nouait le ventre ? Il ne croyait pas à grand-chose, à l’époque, surtout pas aux gens désintéressés. Ni à un au-delà quelconque. Dans le canapé où il s’était affalé, il ne voyait vraiment pas quel genre de soutien il pouvait attendre du siamois qu’il avait enterré dans son jardinet de banlieue.

Ses doigts rencontrèrent des poils sur les coussins de velours. Tout ce qui restait de Mozart, son compagnon de treize années. Alors il y eut en lui une espèce de sursaut. Qu’avait-il à perdre, après tout ? Il s’arracha du canapé, alla mettre un sac neuf dans son aspirateur, le passa sur les coussins, puis retira le sac pour récupérer les poils. Avec un soin dérisoire, il les étala sur la plaie de sa jambe, et il refit le pansement tandis qu’il demandait de l’aide au siamois, s’abandonnant à ce dernier espoir irraisonné.

Le lendemain matin, une odeur épouvantable le réveilla. Bien pire encore que celle que dégageaient d’habitude ses chairs en décomposition. Il retira le bandage et jeta le cataplasme de poils félins où s’était concentré la puanteur. C’est alors qu’il découvrit, médusé, que sa peau avait changé de couleur. Les bords de la plaie semblaient rosir.

Arrivé à l’hôpital, il demanda qu’on réexamine sa jambe avant de la couper. Il insista tant et si bien qu’il obtint gain de cause. Le dossier vert qu’il m’avait apporté ce jour-là rassemblait cent pages de rapports médicaux, d’analyses, de témoignages de spécialistes confirmant, sur papier à en-tête, les diagnostics avant et après ce que le patient appelait « l’intervention de Mozart ». Les praticiens étaient formels : la gangrène dûment constatée avait « guéri » de manière inexplicable, et les chairs se reformaient plus vite que de raison.

Quand je relevai les yeux du dossier médical, je vis un noyau de lecteurs qui s’était formé autour du petit monsieur. Mes livres au bout de leurs bras ballants, ils me tournaient le dos, admirant sa jambe gauche aux cicatrices des plus discrètes sous le pantalon qu’il venait de retrousser. Une dame reposa mon roman pour me prendre des mains le dossier vert.
Quelques instants plus tard, le miraculé des poils de Mozart s’en alla, emportant mes lecteurs qui se disputaient ses pièces à conviction.

Que penser de ce récit ? La guérison était-elle due à l’action posthume d’un siamois via ce qui restait de sa matière physique, ou bien du fait que son maître s’était – pour reprendre son terme – abandonné à ce dernier espoir ? Cette « victoire par abandon », ce lâcher-prise sous-tendu par l’espoir, on en retrouvera l’hypothèse dans plusieurs cas de guérisons inexpliquées, passés au crible de ce dictionnaire. Mais comment interpréter le rôle de l’inconnue sur le trottoir ? Ce « renfort » destiné à attirer l’attention, par des paroles semblant surprendre autant celle qui les prononce que celui qui les entend.

Faut-il y voir, pour paraphraser Pirandello et ses « personnages en quête d’auteur », un message en quête d’intermédiaire – en l’occurrence, la première personne « réceptive » croisée en chemin par le gangréné, vu l’urgence de la situation ? Je n’ai pas de réponse. Mais ce genre de question reviendra souvent dans les pages qui suivent.

Aujourd’hui encore, je me demande pourquoi cet homme avait éprouvé le besoin de me confier son histoire. Il allait très bien, les médecins avaient validé son miracle, il ne m’avait pas demandé mon avis ni mon aide, encore moins la médiatisation de son cas sous ma signature. Il n’avait pas besoin de moi, en fait. Il était reparti avec mon public, sans même me dire au revoir.

Quelques mois plus tard, je souffris brusquement d’une sigmoïdite aiguë, provoquant abcès intestinal et douleurs insoutenables. Ayant refusé l’opération à chaud qui aurait eu les conséquences qu’on imagine, je luttai toute une nuit contre la menace de la péritonite, avec autant de force mentale que de lâcher prise, m’abandonnant à la certitude que j’avais trop à faire pour mourir. Face à l’échec des antibiotiques sous perfusion, je ne manquai pas, dans la mobilisation générale de tous les moyens empiriques à ma disposition – prières, mantras, techniques de souffle et de visualisation –, de demander, au cas où, l’assistance de Célestine et Chapy, mes deux chattes défuntes.

Le lendemain matin, l’infection avait régressé de manière spectaculaire. Mes analyses étaient quasi normales. « Je ne sais pas comment, mais vous avez gagné : je range mes instruments », m’a déclaré, avec un sourire que je n’oublierai jamais, mon jeune chirurgien, le Dr Jean-Philippe Blanche.

Avec le recul, je me suis dit que l’homme au dossier vert de l’Hôtel de Ville avait, peut-être, tenu auprès de moi le rôle qu’avait joué dans son destin une inconnue croisée sur un trottoir.

 


Pour aller plus loin :
 
Dictionnaire-de-l-impossible.jpgUn poussin qui attire vers lui un robot par la puissance de sa pensée. Une hostie en lévitation durant une messe télévisée. Un arbre qui se déplace tout seul. Une machine capable de dialoguer avec des insectes. Un militaire qui dessine dans ses moindres détails un sous-marin ennemi construit en secret, dix mille kilomètres plus loin. Une résistante s’empêchant de parler sous la torture nazie en pratiquant la bilocation. Tout cela est impossible, a priori. Pourtant, ces phénomènes et tous ceux que l’on découvrira dans le présent dictionnaire ont été observés, décrits et authentifiés par des personnes dignes de foi, des chercheurs scientifiques, des instruments de mesure. De A jusqu’à Z, Didier van Cauwelaert repousse les limites de l’impensable. Des pouvoirs psychiques de l’abeille à la fabrication rationnelle des zombis, d’Abandon (victoire par) à Zola (double miracle infligé à Emile), il nous donne avec curiosité, discernement, jubilation et gourmandise, la liberté d’agrandir le champ des possibles ; de modifier notre regard sur nous-mêmes et sur ce qui nous entoure ; de réenchanter le monde, tout en explorant ses coulisses où, derrière le spectacle qui nous est donné, magouilles, désinformation, manipulation mentale, récupération, complots du silence ou du tapage organisé règnent en maîtres.

 

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commentaires

kimcat 24/09/2016 11:00

Je me doutais que cet homme extraordinaire allait t'émouvoir... Merci pour ton commentaire à la suite. Oui, il mérite qu'on découvre son art sensationnel et sa belle âme.
Bises

kimcat 23/09/2016 19:37

Coucou du soir Florinette
Tu es donc à l'honneur sur mon blog aujourd'hui avec mes 2 articles publiés :
http://kimcat1b58.eklablog.com/un-maitre-gueri-par-son-chat-depuis-l-au-dela-a126981010

http://kimcat1b58.eklablog.com/dictionnaire-de-l-impossible-a126993628

Je t'embrasse.

Florinette 24/09/2016 10:14

Oh oui alors, j'ai été très touchée par cette belle personne que j'en ferais certainement un article ! (Je t'ai laissé un commentaire)

Beau week-end Béa, bisous ensoleillés

kimcat 23/09/2016 21:51

Merci ! Belle soirée à toi aussi et douce nuit Florinette,
J'espère que tu as aussi apprécié cet homme extraordinaire qui dessine avec sa machine à écrire...
Bises étoilées.

Florinette 23/09/2016 21:46

Coucou Béa,

J'ai vu tes articles et je t'en remercie beaucoup !!
Belle soirée, je t'embrasse

Ecrimagine 23/09/2016 07:10

Je viens de chez Béa qui nous fait découvrir votre article... j'en reste bouchée bée ! c'est extraordinaire et inexplicable, j'adore ces histoires qui finissent bien, surtout quand un petit félin y est pour beaucoup dans ces miracles de la vie !
Bonne journée,
Cécile
Ps : j'aime l'auteur du livre, toutefois je ne connaissais pas ce titre, que je vais m'empresser de trouver.

kimcat 23/09/2016 19:35

Merci Cécile d'être passée chez Florinette.
Bises

Florinette 23/09/2016 11:21

Bonjour Cécile et merci pour ta visite qui me fait bien plaisir.
Tu fais bien de noter ce livre, car il regorge d'histoires incroyables comme celle-ci !
Bonne journée à toi aussi

kimcat 18/09/2016 21:48

J'aime beaucoup cet auteur mais je n'ai pas lu ce livre...
Et je suis bien évidemment très très intriguée et époustouflée par cette histoire !!! Un chat qui aurait guéri son maître... Chat alors !!! Avec ton accord, je souhaiterais partager cet article sur mon blog (où les chats occupent une grande place), avec un lien pour venir jusqu'ici, afin que mes lecteurs puissent le lire.
Bisous Florinette.

kimcat 19/09/2016 13:22

Merci pour ton accord Florinette et pour ton lien ajouté. Je vais en prendre connaissance.
Bisous et bon lundi après-midi

Florinette 19/09/2016 12:13

Bien sûr, mes articles sont faits pour ça, pour informer, alors n'hésite pas !!

Ces deux dictionnaires de l'impossible qu'a rédigé Didier van Cauwelaert sont époustouflants, car il s'est appuyé sur des faits scientifiques et des histoires comme celle-ci il y en a plein !!

Voici un lien qui pourrait te plaire, car les émissions de RTL qui ont été diffusées l'année dernière se reposaient également sur ces histoires et dans celle-ci il s'agit des chats... ;-)

http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/le-secret-des-chats-7779105326

Bisous et bonne écoute !

clovis simard 20/11/2013 00:08

UN MONDE DÉSAXÉ.fermaton.over-blog.com

La Licorne 31/10/2013 11:37

Je connaissais les histoires de chats qui pressentent la mort prochaine de quelqu'un , mais là, c'est encore plus fort !
A vrai dire, je ne doute pas une seconde des "pouvoirs" de nos petits compagnons...si intuitifs (d'autant plus que ma chatte vient de décéder il y a quelques semaines...alors cette histoire me
touche encore plus...). Les chats semblent avoir un rapport particulier avec l'invisible...et j'ai écrit de nombreux articles à leur sujet...

Florinette, je te lis depuis quelques temps et je passe aussi pour te dire que je viens moi-même de débuter un blog de "lecture"...alors si ça t'intéresse, c'est là :
http://livresdor.blogspot.fr/

Bonne journée à toi !

Florinette 31/10/2013 12:00



Je suis désolée d'apprendre le décès de ta chatte et compatis à ta peine. Ce sont de très belles histoires que l'on retrouve très souvent dans des témoignages, mais c'est vrai que celle-ci m'a
vraiment étonnée, comme quoi, quand l'invisible veut faire passer un message, rien ne leur est impossible et d'autant plus quand on a l'esprit ouvert !

Bien sûr que ça m'intéresse et j'en suis ravie, je vais vite venir y faire un tour !

À très bientôt La Licorne et merci pour tes visites, bonne journée, je t'embrasse




Alex-Mot-à-Mots 28/10/2013 18:33

Le tout est de rester en bon terme avec son chat. Allez, double ration de pâté ! Biz

Florinette 31/10/2013 11:52



Oui, sinon gare à toi !!


 



Plumes d Anges 28/10/2013 09:29

C'est vraiment une merveilleuse histoire et j'avoue être fan de ce genre d'histoire vraie qui réenchante notre monde, qui donne l'espérance, qui rapproche les âmes... J'aime beaucoup Didier van
Cauwelart et je vais très vite aller vers ce dictionnaire. Merci Florinette, bisous. brigitte

Florinette 31/10/2013 11:51



Tout comme toi, j'aime lire ces histoires qui démontrent bien que nous ne sommes pas seuls, que la Vie est toujours prête à nous aider. J’ai feuilleté ce dictionnaire hier et compte bien me
l'acheter prochainement. Bonne journée Brigitte, je t'embrasse


 



witney18 27/10/2013 12:11

pas de hasard ds les rencontres, et tout est possible, merci pour ce beau temoignage et bon dimanche

Florinette 31/10/2013 11:47



Bien d'accord avec toi, il n'y a pas de hasard, mais plutôt des rendez-vous... Je t'en prie witney et bonne journée


 



mamalilou 27/10/2013 00:31

bisous qui rééenchantent l'amour à chaque fois, par leur éphémère et impérieuse nécessité d'y revenir...

Florinette 27/10/2013 10:16



Bisous Mamalilou et bon dimanche !


 



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