Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Un Autre Regard...
  • Un Autre Regard...
  • : Je vous souhaite la bienvenue sur mon blog dans lequel je parle de tout ce qui me passionne, m'interpelle comme ces lectures, documentaires qui m'amènent à porter un regard différent sur notre monde. Bonne visite à tous ! Florinette
  • Contact

@ Pour m'écrire

EnveloppeMail.png

9 août 2016 2 09 /08 /août /2016 13:44

Voici une histoire vraie et incroyable que j’ai découverte dans le tome 1 des Histoires magiques de l’histoire de France dont je vous ai parlé récemment :

Nous sommes au mois de mars 1882, dans l’Atlantique Nord. Le cargo anglais Swallow, commandé par le capitaine Blackman, navigue aux environs de Terre-Neuve. Il est huit heures du matin ; dans sa cabine, le second, Robert Bruce, est occupé à faire le point. Quand il a fini, il interpelle à travers la cloison le capitaine Blackman, son voisin, qui doit être, lui aussi, penché sur ses cartes.

— Oh ! capitaine !... Nous sommes plus au nord que je ne le croyais… Quel est votre point ?...

N’obtenant pas de réponse, il s’en va frapper à la porte de son supérieur. Silence. Intrigué, il pénètre dans la cabine et s’arrête, stupéfait. Derrière la table où se tient généralement le capitaine Blackman, un homme inconnu est assis, qui le regarde avec une sorte de ferveur.

— Qui êtes-vous ? demande le second. Comment êtes-vous entré ici ?

L’autre demeure immobile et silencieux.

— Eh bien, répondez ! Qui êtes-vous ?

L’inconnu sourit sans dire un mot.

— Ah ! on fait la mauvaise tête. Eh bien, mon gaillard, moi, je connais quelqu’un qui va vous faire parler !...

Et le second monte sur le pont, trouve le capitaine et lui explique ce qui se passe.

— Un passager clandestin ? D’où peut-il sortir ? dit le capitaine Blackman. On l’aurait vu, depuis trois semaines qu’on est en mer !

Les deux hommes redescendent et pénètrent dans la cabine. Elle est vide.

— Alors, où est-il votre oiseau ?... Dites donc, Bruce, je n’aime pas beaucoup qu’on se paie ma tête !...

— Mais, capitaine, je vous assure, il était là ! C’était un homme assez fort, blond, aux yeux très clairs…

— En smoking, peut-être, avec un haut-de-forme ?

— Mais non, il portait des habits de marin…

À ce moment, le capitaine se penche sur la table :

— Qu’est-ce que c’est que ça ?

Sur l’ardoise qu’il utilise pour faire ses calculs, une phrase est écrite : Gouvernez nord-ouest !

— Qu’est-ce que cela veut dire ? Qui a écrit cela ? demande le capitaine Blackman.

— Je ne sais pas, répond le second. L’inconnu sans doute.

— mais où est-il, votre inconnu ?

— Je l’ignore !

— Eh bien, nous allons le chercher !

Et le capitaine donne l’ordre de visiter minutieusement le bateau. Pendant deux heures, les marins fouillent le Swallow du haut en bas sans trouver la moindre trace de l’inconnu rencontré par Robert Bruce. Finalement, le capitaine se fâche :

— Je veux savoir qui a écrit cette phrase sur mon ardoise, dit-il. Que chaque marin vienne ici faire une page d’écriture !

Tout l’équipage défile dans la cabine. Robert Bruce lui-même doit copier la phrase mystérieuse. Quand tout le monde s’est exécuté, le capitaine regarde son second en hochant la tête : l’écriture qui figure sur l’ardoise ne correspond à celle d’aucun des membres de l’équipage…

Le capitaine Blackman, cette fois, est très impressionné. Comme tous les marins de cette époque, il est superstitieux. Après avoir réfléchi un instant, il dit à son second :

— Qu’on mette le cap sur le nord-ouest !

Et le cargo change de route.

Les heures passent. De temps en temps, le capitaine Blackman, sans rien dire, prend sa lorgnette et examine la mer. Que s’attend-il à trouver ? Il l’ignore ; mais il a l’intuition que ce changement de cap ne sera pas inutile.

Et vers quatre heures de l’après-midi, un marin aperçoit quelque chose. On approche. C’est un navire anglais pris dans les glaces.

On distingue des hommes qui agitent les bras. Le capitaine fait mettre des chaloupes à la mer et l’on ramène à bord du Swallaw tout l’équipage en perdition.

Un à un, les hommes transis et épuisés montent par l’échelle de corde, accueillis par le capitaine Blackman et son second.

— Nous venons de Québec, disent-ils, et nous allions à Liverpool quand notre bateau a été immobilisé par les glaces. Il y a une semaine de cela et notre situation devenait désespérée… Heureusement que vous êtes venus nous sauver !...

Les hommes montent toujours, enjambant le bastingage, et vont se faire servir un bol de vin chaud.

Soudain, Robert Bruce a l’impression que son cœur s’arrête de battre. L’homme qui, là, devant lui, se hisse en ce moment à bord du Swallow, cet homme un peu fort, blond et aux yeux clairs, il le reconnaît : c’est celui qu’il a vu dans la cabine du capitaine quelques heures plus tôt…

Un instant, leurs regards se croisent et Robert Bruce a l’impression que l’autre paraît troublé. Il le suit, le regarde boire son verre de vin chaud, puis s’approche et engage la conversation :

— Je me nomme Robert Bruce, je suis second à bord de ce bateau… Dites donc, c’est une chance que nous soyons passés dans les parages…

— Oui, dit l’autre… Mais je savais que nous serions sauvés…

— Comment le saviez-vous ?

— Ce matin, je dormais et j’ai fait un curieux rêve… J’ai rêvé que j’étais à bord d’un cargo anglais comme le vôtre et que je rencontrais un homme… il vous ressemblait d’ailleurs, c’est curieux… J’étais dans une cabine, assis devant une table. Et puis, l’homme est parti. Alors, j’ai pris une craie et j’ai écrit un message sur une ardoise… Je me souviens, j’ai écrit : Gouvernez nord-ouest !... Ensuite, je me suis réveillé et j’ai dit aux copains : « Aujourd’hui, on sera sauvé ! »… Je leur ai raconté mon rêve et ils ont rigolé. Mais quand ils vous ont vus arriver, à quatre heures, ils étaient un peu épatés… Moi aussi, d’ailleurs…

Robert Bruce a écouté le marin sans l’interrompre.

— Voulez-vous venir avec moi ? dit-il. Je vais vous montrer quelque chose.

Et il l’entraîne dans la cabine du capitaine.

— Reconnaissez-vous ceci ?

L’autre voit l’ardoise où se trouve toujours la phrase écrite à la craie, et blêmit :

— Mais, c’est mon message… Ce n’est pas possible !

— Si. Vous êtes venu ici ce matin, vers huit heures, écrire ces mots. Je vous ai vu… Puis vous avez disparu. Or, c’est à cause de ce message que nous avons changé de route, et c’est grâce à lui que nous vous avons sauvés…

Cette étrange anecdote a été racontée par Robert Bruce et le capitaine Blackmand ainsi que les marins des deux cargos. Tous l’ont, en effet, abondamment racontée au point que la Société de Recherches Métapsychiques, qui existait déjà à cette époque à Londres, en a eu connaissance et en a publié le récit dans sa revue.

Sources :

Histoires magiques de l’histoire de France – Guy Breton et Louis Pauwel sous le titre “Le fantôme de Terre-Neuve”, Chapitre "Le corps, cet infini", Editions Omnibus, page 753.

Revue métapsychique, 1936 ; 1939 ; 1940 ; 1946.

Journal of Society Psychical Research, III.

Partager cet article

15 juillet 2015 3 15 /07 /juillet /2015 12:43

Kenny Matampash Ole Meritei

 

Mon combat actuel, c’est d’aider l’Occident, c’est de vous aider, car nous sommes probablement devenus vos Sauveurs. Mais nous voulons faire pour vous exactement l’inverse de ce que vous nous avez fait, c’est-à-dire vous coloniser ! Nous voulons juste vous sortir de l’enfer dans lequel vous vous êtes vous-mêmes installés par avidité ou par pur égoïsme, en ayant accepté les mirages qu’on vous propose ! Toujours renouvelés. […]

En Amérique, il y eut la ruée vers l’or, ils ont anéanti les Indiens qui étaient un peuple premier particulièrement spirituel, et ils prétendent en ce vingt et unième siècle être heureux et imposer leur bien-être, qui n’est rien d’autre en fait que le bien-être matériel d’une minorité. Un bien-être destructeur de l’âme et de l’environnement, partout dans le monde !!!... Mais n’ayez crainte, mes chers amis d’Occident, cette orientation orchestrée de nouvel esclavage anéantira bientôt les auteurs de l’ombre, car la vraie vie est une respiration cosmique, inaliénable. […]

Nous devons tous changer si l'on veut que notre planète signifie encore quelque chose pour nos enfants. Je veux que vous bénéficiiez de mon expérience unique parce qu'en permanence je ressens les deux mondes, le monde spirituel qui est celui d'où je viens et le monde matérialiste qui est en passe de briser l'équilibre, et je vous dis : faites une pause et réfléchissez à ce que vous pouvez faire pour vous transformer et sauver le monde.

Fini les discussions sans fin et dispendieuses sur les symptômes des grands problèmes politiques contemporains, levons-nous tous ensemble, vous et moi, pour leur demander de s’engager à dire enfin Stop à la production, Stop à la déforestation, Stop à la course à l’argent ! Nous voulons retrouver la vraie Vie, nous voulons être heureux sans faire de mal à nos voisins, nous voulons vivre avec les arbres et avec les plantes, nous voulons aimer les animaux.

C’est simple non ? Alors agissez, faites-le, n’attendez pas de l’extérieur qu’on vous donne l’ordre, ça doit venir de vous, tout naturellement. […] Pourquoi ce souci si intense à vouloir toujours plus de voitures, de vêtements, de chaussures, d’argent, alors que des gens dorment dans la rue, dépouillés de tout ? Arrêtez d’être frustrés, refusez de devenir des fantômes, redevenez humains. La vie est un don inouï, un miracle quotidien, vivez-le – Décidez-le !

 

Extrait du très beau livre Retour à la Vie de Xavier Péron dans lequel Kenny Matampash nous invite à changer le monde, car il y a urgence...

Pour en savoir plus sur ce livre, cliquez sur sa couverture

 

Partager cet article

15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 14:59

Dans son Dictionnaire de l’impossible, aux éditions Plon, Didier van Cauwelaert nous parle de ces écrivains visionnaires :

Les sceptiques honnêtes sont les premiers à le reconnaître : l’inconvénient, avec les écrivains, c’est que leur éventuelle médiumnité laisse des traces. Quand d’aventure la réalité vient confirmer, des années ou des siècles plus tard, leurs récits d’anticipation, on parlera donc de “hasard”, de “chance” ou de “coïncidence”. Au mieux, on qualifiera ces auteurs de “visionnaires”, mais jamais de “voyants”. Et pourtant…

 

 

  • En 1757, un an après avoir inventé le personnage de Julie dans La Nouvelle Héloïse, Jean-Jacques Rousseau rencontre Sophie d’Houdetot, et se retrouve dans la situation de son héros Saint-Preux : même différence sociale rendant leur amour a priori impossible, même relation triangulaire s’instaurant avec le mari de sa maîtresse qui, comme dans le roman, est l’un de ses amis, même échec final… Rousseau a-t-il forgé son destin par l’imagination, ou a-t-il sciemment recherché dans la réalité une situation semblable à celle de ses créatures fictives ?

 

  • […] L’astronome Asaph Hall découvre dans sa lunette, en 1877, deux points en orbite autour de la planète Mars. Il baptise ces satellites Phobos et Déimos. Mais, un siècle et demi auparavant, à une époque où une telle observation était rigoureusement impossible, un écrivain avait déjà décrit avec une précision égale ces deux lunes de Mars : Jonathan Swift, dans Les Voyages de Gulliver. [...]

 

  • En 1869, Jules Verne publie son roman De la Terre à la Lune. Il y raconte comme un « boulet capsule » du nom de Colombiad, tiré par un énorme canon situé en Floride, atteint la Lune en 73 heures 13 minutes. Sur quoi peut-il fonder son calcul ? Le voyage d’Apollo 11, cent ans plus tard, durera précisément 73 heures et 10 minutes. [...]

 

  • En 1891, Oscar Wilde décrit, dans le Portrait de Dorian Gray, l’homme qu’il va rencontrer deux ans plus tard et qui détruira sa vie : lord Alfred Douglas. […] la ressemblance, tant physique que morale (photographies et témoignages en attestent), de cet Alfred avec le prédateur démoniaque du Portrait de Dorian Gray est confondante. Au point que les sceptiques concluent qu’on moissonne ce qu’on sème, voilà tout […]

 

  • Emile Verhaeren, quant à lui, met en scène dans plusieurs de ses poèmes l’image d’un train fou semant la mort sur son passage, et la vision funèbre d’un quai de gare envahi par des voyageurs hostiles. C’est dans ce décor précis que, le 27 novembre 1916, il mourra broyé sous le train en marche dans lequel il avait tenté de monter, voulant devancer la foule énervée qui se pressait sur le quai pour prendre d’assaut les places assises. [...]

 

  • Même prescience chez Arthur C. Clarke, l’auteur de 2001 l’Odyssée de l’espace, adapté au cinéma en 1968 par Stanley Kubrick. Dans un de ses romans suivants, Odyssée II, Clarke imagine qu’un satellite de Jupiter, Europe, possède un océan sous-glaciaire grouillant de vie, comme dans les puits de chaleur de nos grands fonds marins. Et il en donne une description parfaitement fidèle aux images qu’enverra sur Terre, quinze ans plus tard, la sonde Galileo. [...]

 

  • En 1983, Frédéric Dard commence l’un des romans qu’il appelle modestement ses “grands formats”, pour les distinguer des San Antonio classiques paraissant directement en poche. Il s’agit de Faut-il tuer les petits garçons qui ont les mains sur les hanches ? Ce sera l’un de ses chefs-d’œuvre. Aux confidences autobiographiques se mêle l’histoire inventée d’un romancier qui lui ressemble comme un frère adoptif. Un taiseux au grand cœur dont la vie bascule le jour où un inconnu, s’étant introduit chez lui à la faveur d’un reportage télévisé, lui kidnappe sa fille. […] Personne n’a connaissance de l’histoire angoissante dont, le soir venu, Frédéric Dard enferme les feuillets dans un tiroir. […] Mais le 23 mars 1983, à l’heure du petit déjeuner, il découvre la disparition de sa fille Joséphine. Le ravisseur s’était glissé dans l’équipe de tournage, pour effectuer son repérage des lieux. Exactement comme Frédéric l’avait écrit quelques jours plus tôt. […] Dans la réalité, le drame se termine bien. Joséphine est retrouvée très vite, saine et sauve, sans traumatisme apparent. […]

 

En 2002, à l’université de l’Illinois, débute une expérience passionnante. Les neurologues américains McDonough, Don et Warren entreprennent d’étudier, en laboratoire, les réactions du cerveau au moment où il sollicite un pressentiment. Protocole tout simple : des cartes à jouer s’affichent de manière aléatoire sur un écran d’ordinateur, et on demande à des personnes “ordinaires”, équipées de casques à électrodes, de deviner à voix haute quelle sera la carte suivante.

Ces trois neurologues ont ainsi mis en évidence un fait capital : juste avant qu’apparaisse sur l’écran la carte tirée au sort par l’ordinateur, le tracé de l’encéphalogramme est différent lorsque la personne a deviné la bonne réponse. Autrement dit, notre cerveau sait qu’il a raison, avant même d’en recevoir la preuve1.

Eh oui, vous n’êtes pas au bout de vos surprises en lisant le Dictionnaire de l’impossible de Didier van Cauwelaert !! Comme cet autre article : Un maître guéri par son chat depuis l'au-delà...

 

  • (Passages extraits des chapitres “Futur antérieur” et “Futur (écrire le)que je me suis permis de reclasser par ordre chronologique)

1. Le Monde des Religions, mai 2008.

Pour aller plus loin :

En cliquant sur l’image ci-dessous, je vous invite à écouter l’émission Les Aventuriers de l’Impossible, diffusée cet été, qui relate ces écrivains visionnaires et bien d’autres choses encore…

Au programme de cette émission :

Chapitre 1: Jules Verne, Jonathan Swift et Arthur C. Clarke Chapitre 2 : Frédéric Dard et l'enlèvement de sa fille, Joséphine Chapitre 3 : Le syndrome d'Oscar Wilde; Jean Jacques Rousseau Chapitre 4 : Coincidences dans les livres de Didier van Cauwelaert Chapitre 5 : Le principe de Pauline.

 

Pour aller encore plus loin :

Les écrivains sont-ils des visionnaires ?

Il y a aussi Pierre Bayard dans son essai Demain est écrit, aux Éditions de Minuit, qui analyse ces faits en rapportant beaucoup d’autres situations analogues ayant marqué la littérature.

La littérature peut-elle prédire l'avenir ? La question se pose devant le nombre d'écrivains qui, d'Oscar Wilde à Virginia Woolf ou de Proust à Kafka, anticipent sur les événements majeurs de leur existence - rencontres, accidents, disparitions - et ne semblent pas seulement marqués par ce qui s'est produit hier, mais par ce qui leur arrivera demain.

S'il est vrai que la littérature puise une partie de son inspiration dans le futur, il convient d'en tenir compte dans notre perception des œuvres et de découvrir des conjugaisons nouvelles, de rechercher les traces stylistiques des événements qui n'ont pas encore eu lieu et de raconter la vie des écrivains dans le bon sens, c'est-à-dire en commençant par la fin.

Partager cet article

15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 13:19
A méditer...

Eric Julien :

Lors de notre voyage de retour vers Bogotá, une autre surprise nous attend, mais pas celle que nous imaginions. […] Avant que l’avion décolle, une hôtesse nous avertit que le commandant de bord a ordonné que nos trois amis Kogis soient débarqués : « Car ils n’ont pas de chaussures, et leur aspect ne leur permet pas de rester dans cet avion… » Est-ce que ce sont les hôtesses qui l’ont convaincu ou s’est-il rendu compte que les Kogis ne sont pas seuls ? Il finit par revenir sur sa décision et nous décollons.

Gentil, métis colombien, d’habitude si calme, est dans un état de colère rare. Il veut parler au commandant, lui demander des explications. Impossible. D’ailleurs, dès l’atterrissage, il disparaîtra rapidement. […] Pendant tout le vol du retour, Gentil me parlera comme il parle rarement, avec émotion. Lui, d’habitude si serein, est triste, triste et furieux. Les deux vols jusqu’à Bogotá puis Santa Marta suffiront à peine pour qu’il recouvre son calme.

Dans la Sierra, comme dans de nombreux territoires indiens, les Kogis luttent pour maintenir l’équilibre de la terre par le biais de rituels et de connaissances spécifiques qui permettent aux hommes d’appréhender les règles de la nature, d’apprendre à les connaître et à les respecter. Ils luttent comme ils peuvent pour rester indiens, dans leurs diversités, sur des terres indiennes, supportant en silence les jugements de valeur, les regards condescendants de la société occidentale qui, non contente de les reléguer dans les zones les plus difficiles ou inhospitalières les menace d’éradication, réduisant les derniers survivants à la mendicité et à la dépendance.

Pendant ce temps-là, cette société occidentale, prétendument “civilisée”, au nom du développement, de façon aveugle et inconsciente, travaille à la disparition de la planète. Quelle est cette société occidentale, noyée sous des études, des expertises, saturée de centres de recherches universitaires, d’études ou d’analyses de haut niveau, qui refuse de voir et d’entendre ce qui compose son environnement, qui se contente d’utiliser ce qu’elle y trouve et de le jeter en fonction de ses besoins ? Que lui a apporté l’exploration de l’espace à la recherche de nouvelles formes de vie, sinon l’opportunité de pouvoir les détruire, si tant est qu’elles existent, puisqu’elle ne comprend pas et détruit systématiquement toute vie sur terre, jusqu’à sa propre vie ?

Sachant cela, on peut être sûr que nous ne pourrons pas apporter grand-chose de bon à d’éventuelles formes de vie que nous pourrions découvrir sur d’autres planètes. Quelle est cette société occidentale qui dispose de connaissances, mais qui refuse de reconnaître et de rencontrer les savoirs et les connaissances des communautés indiennes, cette société qui, au nom d’une prétendue “civilisation” ou “développement”, se permet de marquer les autres, les Indiens, de l’étiquette de “sauvages” ou d’“archaïques” ?

Quelle erreur et quel aveuglement, car être sauvage pour les Indiens, ce n’est rien d’autre qu’être libres. L’homme capable d’établir une relation avec son frère l’arbre, avec son frère le fleuve, son frère l’air et toutes les formes de vie qui composent son environnement, qui est à même de comprendre et d’entendre la richesse et la densité du silence est libre. S’ils n’avaient pas à subir la pression et le dénigrement de nos sociétés modernes, les Indiens pourraient sûrement vivre “sauvagement” heureux.

L’homme occidental ne se rend pas compte qu’il est lui-même un sauvage, avec la liberté en moins. La ville n’est rien d’autre qu’une jungle, celle du développement. On y rencontre la contamination, la pollution, le bruit incessant, la violence, on y rencontre aussi le métro, qui ressemble à l’Anaconda sacré de nombreuses communautés indiennes. Dans ces villes, il suffirait de couper l’énergie une heure pour que cela tourne au désastre et au chaos.

Dans ces villes, on trouve des espèces de grottes où vivent et travaillent des hommes des cavernes développés, on rencontre des millions d’esclaves, victimes de leurs propres développements, des esclaves qui ne peuvent faire un pas sans rendre hommage à leur dieu, l’argent. Si c’est ça, l’homme moderne et développé, un esclave, un esclave de lui-même, soumis à l’argent comme l’étaient les esclaves à leur maître, au temps de la traite des Noirs, alors je préfère rester auprès des Kogis un sauvage sous-développé.

Et que dire du cannibalisme ? Jour après jour, dans ses mots, ses comportements, au travail, dans l’entreprise, l’homme moderne est un cannibale. Quel est l’homme qui ne désire pas prendre la place de l’autre, avoir une meilleure position sociale que lui ? Quelle est l’entreprise qui ne rêve pas d’être la première, qui ne souhaite pas acheter ou faire disparaître ses concurrents ? Non seulement, c’est du cannibalisme, mais c’est une forme de cannibalisme impitoyable, vorace, cruel.

Quelle tristesse de voir l’usage que nous faisons de notre intelligence, ces énergies, ces compétences que nous mobilisons pour augmenter nos capacités de destruction ! Le paradoxe est le suivant : alors que les communautés indiennes encore porteuses de savoirs traditionnels luttent gratuitement, de façon désintéressée, pour tenter de sauver ce qui peut l’être de la planète, les sociétés modernes luttent pour sa destruction… Peut-être serait-il temps de regarder un peu en arrière pour que nous puissions nous aussi retrouver notre mémoire ?

À écouter Gentil, nous serions acteurs d’une société primitive devenue folle. Et les derniers hommes, reclus volontaires de notre folie, observeraient notre naufrage. Étrange renversement de perspective qui voudrait que ceux que nous pensons primitifs soient les plus civilisés, et nous qui nous pensons civilisés soyons les vrais sauvages.

Extrait du livre : KOGIS, Le message des derniers hommes, Editions Albin Michel

Partager cet article

24 octobre 2013 4 24 /10 /octobre /2013 10:51

Dans son « Dictionnaire de l’impossible », Didier van Cauwelaert présente une série de cas extraordinaires à priori impossibles, mais authentifiés. Le premier cas : un chat serait intervenu de l’au-delà pour aider son maître gangréné à guérir et sauver sa jambe. Plutôt étonnant, non ?
 

© Apofiss

C’était un jour de fête du Livre, à la fin des années 1990, dans les salons de la Mairie de Paris. Comme les mots de ce dictionnaire, les auteurs étaient disposés en enfilade au gré de l’alphabet, disparates et complémentaires, les plus connus permettant indirectement de découvrir les moins sollicités, devant lesquels stagnaient les files d’attente.

J’avais repéré depuis quelques minutes un petit monsieur entre deux âges qui, en retrait de mon stand, attendait une accalmie dans mes dédicaces. Il tenait sous le bras un énorme dossier vert, et je m’attendais au pire. Chaque Salon du livre nous réserve son lot d’admirateurs qui viennent nous soumettre un manuscrit. N’étant pas éditeur, je me promets toujours de répondre non merci, et je repars souvent avec un excédent de bagages, parce que j’ai nourri moi aussi, jadis, l’espoir illusoire que mon destin littéraire dépendrait de mes auteurs favoris. Profitant d’un moment de répit où je rechargeais mon stylo, le monsieur au dossier vert s’avança vers ma table et attaqua d’une traite :

- Pardon, mais je vous ai lu, alors je sais que je peux vous raconter ce qui m’est arrivé.

Condensé à l’extrême, son récit dura tout au plus trois minutes. Ayant grimpé dans un arbre pour cueillir des cerises, un an plus tôt, il était tombé en brisant une branche qui lui avait ouvert la jambe gauche. Mal soignée, la plaie s’était infectée, et la gangrène s’y était mise. Lorsqu’il avait fini par se rendre à l’hôpital, c’était trop tard : la seule chance de le sauver était l’amputation.

La veille du jour fixé par le chirurgien, il était descendu dans la rue avec sa canne pour, une dernière fois, « emmener promener sa jambe », disait-il avec cette douceur résignée des gens simples face à l’irrémédiable. C’est là qu’il croisa une dame inconnue qui sursauta, à sa hauteur, sans s’arrêter. Machinalement, il tourna la tête après quelques instants. Elle s’était figée sur le trottoir et le fixait, l’air en suspens, aussi étonnée que lui. Semblant dominer une hésitation, un vrai trouble, elle revint soudain vers lui.

- Pardon, monsieur, mais on me dit de vous demander une chose. Vous avez un souci à la jambe, non ?
Il répondit par un pauvre sourire. Avec sa canne et sa guibole gonflée sous le bandage, pas besoin d’être extralucide pour en arriver à cette conclusion. Elle enchaîna :
- Vous avez un chat ? Parce que c’est à lui qu’il faut demander. Excusez-moi.
Et elle tourna les talons en rougissant, avec autant de précipitation que si on l’avait surprise en train d’écouter aux portes. Comme si elle avait honte de ce qu’elle s’était entendue dire, précisa mon lecteur.

Il était resté un moment immobile sur le trottoir, sonné par cette rencontre. Il avait un chat, oui, mais qui était mort six mois auparavant. Quel rapport, de toute manière ? Cette femme était dérangée, voilà tout. Et il avait d’autres problèmes en tête.
Néanmoins, rentré chez lui, il ne parvint pas à chasser de son esprit la dernière phrase de l’inconnue. Pourquoi ces mots, pourquoi cette émotion qui lui nouait le ventre ? Il ne croyait pas à grand-chose, à l’époque, surtout pas aux gens désintéressés. Ni à un au-delà quelconque. Dans le canapé où il s’était affalé, il ne voyait vraiment pas quel genre de soutien il pouvait attendre du siamois qu’il avait enterré dans son jardinet de banlieue.

Ses doigts rencontrèrent des poils sur les coussins de velours. Tout ce qui restait de Mozart, son compagnon de treize années. Alors il y eut en lui une espèce de sursaut. Qu’avait-il à perdre, après tout ? Il s’arracha du canapé, alla mettre un sac neuf dans son aspirateur, le passa sur les coussins, puis retira le sac pour récupérer les poils. Avec un soin dérisoire, il les étala sur la plaie de sa jambe, et il refit le pansement tandis qu’il demandait de l’aide au siamois, s’abandonnant à ce dernier espoir irraisonné.

Le lendemain matin, une odeur épouvantable le réveilla. Bien pire encore que celle que dégageaient d’habitude ses chairs en décomposition. Il retira le bandage et jeta le cataplasme de poils félins où s’était concentré la puanteur. C’est alors qu’il découvrit, médusé, que sa peau avait changé de couleur. Les bords de la plaie semblaient rosir.

Arrivé à l’hôpital, il demanda qu’on réexamine sa jambe avant de la couper. Il insista tant et si bien qu’il obtint gain de cause. Le dossier vert qu’il m’avait apporté ce jour-là rassemblait cent pages de rapports médicaux, d’analyses, de témoignages de spécialistes confirmant, sur papier à en-tête, les diagnostics avant et après ce que le patient appelait « l’intervention de Mozart ». Les praticiens étaient formels : la gangrène dûment constatée avait « guéri » de manière inexplicable, et les chairs se reformaient plus vite que de raison.

Quand je relevai les yeux du dossier médical, je vis un noyau de lecteurs qui s’était formé autour du petit monsieur. Mes livres au bout de leurs bras ballants, ils me tournaient le dos, admirant sa jambe gauche aux cicatrices des plus discrètes sous le pantalon qu’il venait de retrousser. Une dame reposa mon roman pour me prendre des mains le dossier vert.
Quelques instants plus tard, le miraculé des poils de Mozart s’en alla, emportant mes lecteurs qui se disputaient ses pièces à conviction.

Que penser de ce récit ? La guérison était-elle due à l’action posthume d’un siamois via ce qui restait de sa matière physique, ou bien du fait que son maître s’était – pour reprendre son terme – abandonné à ce dernier espoir ? Cette « victoire par abandon », ce lâcher-prise sous-tendu par l’espoir, on en retrouvera l’hypothèse dans plusieurs cas de guérisons inexpliquées, passés au crible de ce dictionnaire. Mais comment interpréter le rôle de l’inconnue sur le trottoir ? Ce « renfort » destiné à attirer l’attention, par des paroles semblant surprendre autant celle qui les prononce que celui qui les entend.

Faut-il y voir, pour paraphraser Pirandello et ses « personnages en quête d’auteur », un message en quête d’intermédiaire – en l’occurrence, la première personne « réceptive » croisée en chemin par le gangréné, vu l’urgence de la situation ? Je n’ai pas de réponse. Mais ce genre de question reviendra souvent dans les pages qui suivent.

Aujourd’hui encore, je me demande pourquoi cet homme avait éprouvé le besoin de me confier son histoire. Il allait très bien, les médecins avaient validé son miracle, il ne m’avait pas demandé mon avis ni mon aide, encore moins la médiatisation de son cas sous ma signature. Il n’avait pas besoin de moi, en fait. Il était reparti avec mon public, sans même me dire au revoir.

Quelques mois plus tard, je souffris brusquement d’une sigmoïdite aiguë, provoquant abcès intestinal et douleurs insoutenables. Ayant refusé l’opération à chaud qui aurait eu les conséquences qu’on imagine, je luttai toute une nuit contre la menace de la péritonite, avec autant de force mentale que de lâcher prise, m’abandonnant à la certitude que j’avais trop à faire pour mourir. Face à l’échec des antibiotiques sous perfusion, je ne manquai pas, dans la mobilisation générale de tous les moyens empiriques à ma disposition – prières, mantras, techniques de souffle et de visualisation –, de demander, au cas où, l’assistance de Célestine et Chapy, mes deux chattes défuntes.

Le lendemain matin, l’infection avait régressé de manière spectaculaire. Mes analyses étaient quasi normales. « Je ne sais pas comment, mais vous avez gagné : je range mes instruments », m’a déclaré, avec un sourire que je n’oublierai jamais, mon jeune chirurgien, le Dr Jean-Philippe Blanche.

Avec le recul, je me suis dit que l’homme au dossier vert de l’Hôtel de Ville avait, peut-être, tenu auprès de moi le rôle qu’avait joué dans son destin une inconnue croisée sur un trottoir.

 


Pour aller plus loin :
 
Dictionnaire-de-l-impossible.jpgUn poussin qui attire vers lui un robot par la puissance de sa pensée. Une hostie en lévitation durant une messe télévisée. Un arbre qui se déplace tout seul. Une machine capable de dialoguer avec des insectes. Un militaire qui dessine dans ses moindres détails un sous-marin ennemi construit en secret, dix mille kilomètres plus loin. Une résistante s’empêchant de parler sous la torture nazie en pratiquant la bilocation. Tout cela est impossible, a priori. Pourtant, ces phénomènes et tous ceux que l’on découvrira dans le présent dictionnaire ont été observés, décrits et authentifiés par des personnes dignes de foi, des chercheurs scientifiques, des instruments de mesure. De A jusqu’à Z, Didier van Cauwelaert repousse les limites de l’impensable. Des pouvoirs psychiques de l’abeille à la fabrication rationnelle des zombis, d’Abandon (victoire par) à Zola (double miracle infligé à Emile), il nous donne avec curiosité, discernement, jubilation et gourmandise, la liberté d’agrandir le champ des possibles ; de modifier notre regard sur nous-mêmes et sur ce qui nous entoure ; de réenchanter le monde, tout en explorant ses coulisses où, derrière le spectacle qui nous est donné, magouilles, désinformation, manipulation mentale, récupération, complots du silence ou du tapage organisé règnent en maîtres.

 

Partager cet article

L'Instant Présent

 

Recherche